Vétislam dans la presse française sur LCI

"Celle qui achète un burkini ne porte pas la burqa !" 

Edité par Propos recueillis par Amélie GAUTIER
le 13 août 2009 à 12h18 , mis à jour le 13 août 2009 à 19h27.

burkini

NOTRE SOCIÉTÉ

Patrick, converti à l'Islam depuis ses 20 ans, a lancé le site Vétislam qui vend des maillots de bain islamiques. Il revient sur cette nouvelle polémique, qui l'excède.

Vétislam est, selon la formule employée sur sa page d'accueil "le site spécialiste du maillot de bain islamique". Plus d'une vingtaine de modèles sont proposés à la vente, de 49.90 à 85 euros. Moult coupes, maintes couleurs mais à, chaque fois, un burkini qui couvre parfaitement le corps, sans être moulant. Parmi le top des ventes : le modèle Lily composé de 5 pièces en élasthanne et polyester ou encore le maillot de bain Kenza, qui ressemble à une combinaison de plongée très ample, une tunique en plus. Bref, des modèles qui permettent aux femmes, " une grand liberté tout en vivant leur foi",explique Patrick, commercial de 38 ans qui a lancé, il y a deux ans, ce site basé près de MontpellierA l'origine de cette création, un constat simple : "les jeunes femmes musulmanes souhaitaient se baigner mais elles n'avaient pas la tenue adéquate". Converti à l'Islam depuis 18 ans (les nouveaux musulmans ont "parfois un regard très novateur sur la religion"), il dit avoir vendu dans les 250 modèles depuis un an et demi sur le marché français. Ses clientes sont principalement de la région parisienne et l'achat du burkini se fait en prévision des vacances au bled. "Elles se disent bien qu'en piscine, ça peut coincer", se désole Patrick. La récente histoire arrivée à cette femme de 35 ans interdite de bassin en Seine-et-Marne pour cause de burkini (Lire notre article) le fait bondir. Ses mots sont durs. Il parle d'anathème jeté "une fois de plus" sur les musulmans, d'"acharnement", de "constante stigmatisation". "Elles ont ainsi le bonheur de se baigner"
 
L'argument de l'hygiène avancé par la direction de la piscine pour refuser l'entrée de Carole l'horripile. "Cette tenue de bain est faite de polyester et d'élastanne comme tous les maillots, rappelle-t-il. Ce ne sont pas les habits dans lesquels elle a passé la journée !" Et de citer le cas d'amis venus en cure thermale. "Des clients ont averti la direction en disant que certains venaient faire la lessive !"

Selon lui, cette attitude est une atteinte aux droits de l'Homme. "Cette tenue est libératrice pour les femmes, qui ont ainsi le bonheur de se baigner",avance-t-il. Il précise que la plupart de ces femmes qui achètent un burkini ne portent pas la burqa. Comme gage de cet engouement pour le maillot de bain islamique, il cite des mails reçus par des clientes pour le remercier. "Il y a une grande joie chez ces personnes. Rendez-vous compte, toutes heureuses de pouvoir enfin se baigner, elles vont jusqu'à payer 80 euros !", constate-t-il.

Pour Patrick, les politiques devraient faire davantage en sorte que tout le monde se sente bien en France. "Nous sommes dans une société cosmopolite, il faudrait davantage prendre en considération cette diversité, estime-il.C'est le monde de demain." Et dans son souci de faire en sorte que tout le monde comprenne le débat de se demander : "Si la Vierge Marie, qui était voilée, voulait se baigner aujourd'hui, qu'est ce qu'on ferait ?"

Vétislam dans la presse belge

 

"Levons le voile sur le Burkini" Article d'Agora Vox

 

Un mois et demi après création de la commission d’information parlementaire réunissant des parlementaires de gauche et de droite sur le port de la burqa. Le burkini fait son apparition aux bords des piscines et les ventes explosent sur Internet, nous faisant presque oublier la marée médiatique autour de la burqa.

Le mois dernier, Carole une jeune française de 35 ans convertie depuis maintenant 17 ans à l’islam s’est vu refuser l’entrée de la piscine municipale d’Emerainville (Seine et Marne), parce qu’elle portait un burkini. Carole fait l’acquisition d’un burkini, lors d’un séjour touristique à Dubaï, dès son retour, elle prend contact avec plusieurs piscines de Seine et Marne. Le maître-nageur de la piscine municipale d’Emerainville lui a proposé de se présenter à la piscine, car il ne pouvait selon elle pas juger de sa tenue sur un coup de fil. La première séance se passe très bien pour Carole vêtu du burkini, sauf que lors de sa seconde visite, elle se retrouve renvoyée vers les vestiaires.
Pourquoi la piscine lui a été interdire la seconde fois et pas la première ? La question demeure sans réponse.
 Dans un entretien avec nos confrères du Parisien elle explique pourquoi elle s’est rendue avec son maillot de bain acheté à Dubaï : "En le prenant, je m’étais dit que cela pouvait m’autoriser le plaisir de la baignade sans trop me découvrir comme le recommande l’Islam". Le mot burkini est la contraction des mots burqa et bikini. Il est né en 2007 de l’esprit d’une jeune créatrice libano-australienne en même temps que le lancement de ce nouveau maillot de bain intégral. Cette invention est une alliance qui se compose d’un voile le hijab, d’un pantalon et d’une tunique, le tout disponible dans une multitude de coloris. Jugé pur, il permet à une femme musulmane de se baigner sans pour autant dévoiler ses formes. Le site www.vetislam.com commercialisant le vêtement, le décrit comme apportant un « très grand confort de mouvements » et précise qu’il est autorisé dans les piscines allemandes et néerlandaises. La jeune femme compte porter plainte contre le Syndicat d’Agglomération Nouvelle (SAN) du Val-Maubée, le gestionnaire des piscines. Le SAN invoque des raisons d’hygiènes : « A fortiori en période de grippe A ! Le règlement en vigueur dans toutes les piscines de France et de Navarre est qu’il faut, pour se baigner, porter maillot et bonnet de bain et passer par la case douche » affirme Dominique Guillaume l’un des responsables du SAN interviewé par la chaîne d’info continu. Le MRAP, s’est exprimé par voix de presse, invoquant le tapage médiatique autour de la burqa. Le seul parti politique à s’être exprimé pour l’instant est l’UMP, qui dans un communiqué dit avoir envie de voir le burkini disparaître et pourquoi pas l’interdire.